On vous l'avait annoncé cet été, on voulait parler un peu vélo à l'issue de l'Étape du Tour 2017. L'annonce récente du parcours du prochain Tour de France 2018 est l'occasion parfaite pour ce faire. On a également souhaité laisser un peu de repos à Anne Roux, glorieuse FINISHER de cette édition pour nous raconter un peu sa ballade à vélo...

- Premièrement, peux-tu nous décrire rapidement ce qu'est l'étape du Tour ?sportograf-104179121_lowres.jpg

Chaque année, et depuis 1993, l’organisation ASO propose au grand public de pouvoir rouler l’une des étapes de montagne du Tour de France : les mêmes villes hôtes, les mêmes routes, les mêmes cols mythiques mais aussi et surtout les mêmes conditions de course que sur la Grande Boucle, sur des circuits entièrement fermés à la circulation. Forte de 27 éditions et d’un peloton de 15 000 participants, l’Etape du Tour est aujourd’hui une cyclosportive de référence internationale.


- Comment t'es venue l'idée de prendre part à cette course un peu hors norme ?

L’Etape du Tour est bien évidemment un immense défi sportif. Depuis plusieurs années, J’essaie de me fixer un gros objectif sportif annuel, qui va orienter et rythmer ma pratique sportive de l’année. Après l’Ironman de Nice en 2015, et le LD de l’Alpe d’Huez en 2016 (et mes 1ers cols….) je me sentais prête à attaquer ce morceau qu’est l’Etape du Tour ! S’inscrire à l’étape du Tour, c’est aussi vivre le mythe de la Grande Boucle, sur les mêmes routes et dans les mêmes conditions que les cyclistes professionnels du Tour de France. C’est donc quelque part, participer a LA LEGENDE…! et ajouter une belle épreuve mythique à son palmarès !! Et en parallèle du sport, un tel objectif est également une belle aventure touristique, qui permet de découvrir une région d’une autre façon !

sportograf-104338508_lowres.jpg- La préparation... Assidue ou pas ??? Comment as-tu orienté tes entraînements ?

On ne s’attaque pas à une telle épreuve sans préparation. Pas de place à l’improvisation !!! Le corps mémorise tellement tous les efforts fournis avec les années de pratique, qu’il est plus facile de se lancer après avoir fait quelques épreuves LD. Commencer par du foncier pendant l’hiver ! Ce qui n’est pas toujours si simple car la météo a été mauvaise – froid et pluie les WE… – sur la saison hivernale. Ne pas hesiter à remplcer les sorties en extérieur pas des bonnes séances de Home Trainer. Cette fois, LA difficulté c’est le dénivelé !! Et il fait peur… Comment s’entrainer pour une épreuve de montagne à Rennes ? Est-ce bien possible, sans même aller faire un WE de prépa montagne en amont ? Et bien oui !! Mon secret : un parcours Rennes Sud très efficace !! 42 kms et ses 800m D+ à partir de Pont Rean, à faire et refaire 1 fois/2 fois, dans un sens, dans l’autre !! En fait, rouler en montagne, çà ne ressemble à rien de ce que l’on connait ici où on est sans cesse en relance sur des parcours à bosses. Quand on attaque un col, c’est tout à gauche (à ce propos, et malgré doutes et fortes hésitations, je suis restée en 50X34 avec du 11X28, et pas 32 comme beaucoup qui avait changé la cassette pour l’occasion…), et c’est pédaler lentement, mais sûrement, pendant 1h/2h, à une allure qui varie entre 9 et 12kms/h. C’est une sensation très particulière. Ensuite on récupère dans les descentes, pas toujours faciles à gérer non plus. La descente, ça s’apprend aussi….


- La course maintenant !!! Parles-nous un peu du parcours, des panoramas... Sur une distance aussi longue, comment gère-t-on son effort ?

Placée en SAS 7 sur 13, j’étais bien positionnée au départ. L’idée de 15000 vélos qui démarrent est plutôt effrayante… mais l’affaire est bien orchestrée : 1000 coureurs par SAS qui partent toutes les 7 mn, et au fina,l une bonne fluidité du peloton dès le départ. Pas de stress… Les 120 1ers kms sont roulants, dans la vallée, c’est facile et çà roule vite… donc là, méfiance… ne pas se laisser embarquer par un peloton trop rapide, et en garder sous le pied pour la suite… Les paysages sont à couper le souffle : côté des demoiselles coiffées, lac d’embrun vert émeraude. Puis vient la montée du col de Vars, avec un beau dénivelé : je la trouve dur … et j’aprehende déjà l’Izoard. A 160kms, o, est au pied de l’Izoard, il fait très chaud, dans la montée se succèdent des pentes à 8-10% sans répit, et bon nombre de concurrents épuisés mette pied à terre. C’est là ou il faut puiser dans ses ressources, car là, c’est mythique, l’arrivée est proche et je me sens presque transcendée, et sûre de moi, sans faiblir. 8h07, ce qui me place très honorablement dans ma catégorie d’âge – 16ème sur 88. Contente !!! Tout est en fait dans la gestion de l’effort : savoir s’éconimiser, sans pour autant lambiner… Bien s’alimenter et boire dès le départ à intervalles de temps réguliers, afin d’éviter les fringales. Les ravitaillements sont suffisants, mais prendre sur soi un bonne ration d’aliments personnels, testés avant bien sûr, pour rester en autonomie au maximum.

sportograf-104214558.jpg - L'épreuve terminée, on peut encore marcher ?! Peux-tu nous donner tes secrets de récupération pour nos cyclistes amateurs ?

L’avantage du vélo : c’est un sport très bien toléré par le corps, et pas vraiment traumatisant. Plus que les jambes, c’est peut-être le dos qui peut davantage souffrir sur la longueur. Perso, aucune douleur ni courbature …. Donc oui ….. On peut marcher !!! Et on récupère vite. J’ai fait un break de 10 jours, et j’ai repris l’entrainement début Aout en vue des triathlons S et M prévus en septembre : sorties vélo plus courtes et plus dynamiques pour refaire du jus. Question foncier, c’était bon…. Et quelle chance nous avons, triathlètes, de pouvoir alterner et jouer avec les 3 disciplines complémentaires.


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